• MESSAGE URBI ET ORBI DU PAPE FRANÇOIS

    Le 31 mars, le pape François a célébré la messe avant de délivré son message Urbi et Orbi au monde.

    MESSAGE URBI ET ORBI DU PAPE FRANÇOIS

    MESSAGE URBI ET ORBI DU PAPE FRANÇOIS

    Chers frères et sœurs de Rome et du monde entier, bonne fête de Pâques ! Bonne fête de Pâques !

    C’est une grande joie pour moi de pouvoir vous faire cette annonce : le Christ est ressuscité ! Je voudrais qu’elle arrive dans chaque maison, dans chaque famille, spécialement là où il y a plus de souffrance, dans les hôpitaux, dans les prisons…

    Surtout je voudrais qu’elle atteigne tous les cœurs, parce que c’est là que Dieu veut semer cette Bonne Nouvelle : Jésus est ressuscité, c‘est l’espérance pour toi, tu n’es plus sous la domination du péché, du mal ! L’amour a vaincu, la miséricorde a vaincu ! La miséricorde l’emporte toujours !

    Nous aussi, comme les femmes disciples de Jésus, qui allèrent au tombeau et le trouvèrent vide, nous pouvons nous demander quel sens a cet événement (cf. Lc 24, 4). Que signifie : Jésus est ressuscité ? Cela signifie que l’amour de Dieu est plus fort que le mal et que la mort elle-même ; cela signifie que l’amour de Dieu peut transformer notre vie, faire fleurir ces zones de désert qui sont dans notre cœur. Et cela l’amour de Dieu peut le faire !

    Ce même amour par lequel le Fils de Dieu s’est fait homme et est allé jusqu’au bout du chemin de l’humilité et du don de soi, jusqu’aux enfers, jusqu’à l’abîme de la séparation de Dieu, ce même amour miséricordieux a inondé de lumière le corps mort de Jésus, l’a transfiguré, l’a fait passer dans la vie éternelle. Jésus n’est pas retourné à la vie d’avant, à la vie terrestre, mais il est entré dans la vie glorieuse de Dieu et il y est entré avec notre humanité, il nous a ouvert à un avenir d’espérance.

    Voilà ce qu’est Pâques : c’est l’exode, le passage de l’homme de l’esclavage du péché, du mal à la liberté de l’amour, du bien. Parce que Dieu est vie, seulement vie, et sa gloire c’est nous : l’homme vivant (cf. Irénée, Adversus haereses, 4, 20, 5-7).

    Chers frères et sœurs, le Christ est mort et ressuscité une fois pour toutes et pour tous, mais la force de la Résurrection, ce passage de l’esclavage du mal à la liberté du bien, doit se réaliser en tout temps, dans les espaces concrets de notre existence, dans notre vie de chaque jour. Que de déserts, aujourd’hui encore, l’être humain doit-il traverser ! Surtout le désert qui est en lui, quand manque l’amour de Dieu et du prochain, quand manque la conscience d’être un gardien de tout ce que le Créateur nous a donné et nous donne. Mais la miséricorde de Dieu peut aussi faire fleurir la terre la plus aride, peut redonner vie aux ossements desséchés (cf. Ez 37, 1-14).

    Alors, voici l’invitation que j’adresse à tous : accueillons la grâce de la Résurrection du Christ ! Laissons-nous renouveler par la miséricorde de Dieu, laissons-nous aimer par Jésus, laissons la puissance de son amour transformer aussi notre vie ; et devenons des instruments de cette miséricorde, des canaux à travers lesquels Dieu puisse irriguer la terre, garder toute la création et faire fleurir la justice et la paix.

    Et demandons ainsi à Jésus ressuscité, qui transforme la mort en vie, de changer la haine en amour, la vengeance en pardon, la guerre en paix. Oui, le Christ est notre paix et par lui implorons la paix pour le monde entier !

    Paix pour le Moyen-Orient, en particulier entre Israéliens et Palestiniens, qui ont du mal à trouver la route de la concorde, afin qu’ils reprennent avec courage et disponibilité les négociations pour mettre fin à un conflit qui dure désormais depuis trop longtemps. Paix en Irak, pour que cesse définitivement toute violence, et, surtout, pour la Syrie bien-aimée, pour sa population blessée par le conflit et pour les nombreux réfugiés qui attendent aide et consolation. Que de sang a été versé ! Et que de souffrances devront encore être infligées avant qu’on réussisse à trouver une solution politique à la crise ?

    Paix pour l’Afrique, théâtre encore de conflits sanglants. Au Mali, afin qu’il retrouve unité et stabilité ; et au Nigéria, où malheureusement ne cessent les attentats qui menacent la vie de tant d’innocents et où de nombreuses personnes, même des enfants, sont retenues en otage par des groupes terroristes. Paix dans l’est de la République Démocratique du Congo et en République Centrafricaine, où nombreux sont ceux qui sont contraints à laisser leurs maisons et vivent encore dans la peur.

    Paix en Asie, surtout dans la Péninsule coréenne, pour que soient surmontées les divergences et que murisse un esprit renouvelé de réconciliation.

    Paix au monde entier, encore si divisé par l’avidité de ceux qui cherchent des gains faciles, blessé par l’égoïsme qui menace la vie humaine et la famille, égoïsme qui continue la traite des personnes, l’esclavage le plus répandu en ce vingt-et-unième siècle ; la traite des personnes est vraiment l’esclavage le plus répandu de ce vingt-et-unième siècle ! Paix au monde entier, déchiré par la violence liée au trafic de drogue et par l’exploitation inéquitable des ressources naturelles ! Paix à notre Terre ! Que Jésus ressuscité apporte réconfort aux victimes des calamités naturelles et fasse de nous des gardiens responsables de la création !

    Chers frères et sœurs, à vous tous qui m’écoutez de Rome et de toutes les parties du monde, j’adresse l’invitation du Psaume : « Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Oui, que le dise Israël : ‘ Éternel est son amour !’ » (Ps 117, 1-2).


    Salutation finale

    Chers frères et sœurs, rassemblés de toutes les parties du monde sur cette Place, cœur de la chrétienté, et vous tous qui êtes reliés à travers les moyens de communication, je renouvelle mes vœux : Bonne fête de Pâques !

    Apportez dans vos familles et vos pays le message de joie, d’espérance et de paix, que chaque année, en ce jour on renouvelle avec force.

    Le Seigneur ressuscité, vainqueur du péché et de la mort soit votre soutien à tous, en particulier aux plus faibles et aux plus nécessiteux. Merci pour votre présence et le témoignage de votre foi. Une pensée et un merci tout particulier pour le don de ces très belles fleurs qui viennent des Pays-Bas. A tous je répète affectueusement : que le Christ ressuscité guide chacun de vous et l’humanité tout entière sur les sentiers de la justice de l’amour et de la paix.

     


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  • Benoït XVI et François

    Le 23 mars, le pape François et son prédécesseur Benoît XVI se sont retrouvés dans la résidence pontificale d'été de Castel Gandolfo, au sud de Rome, pour une rencontre inédite dans l'histoire de l'Eglise catholique, confrontée à de nombreux défis. Avant Benoît XVI, le dernier pape à avoir démissionné de son plein gré fut Célestin V en 1294, mais il n'y a pas trace d'un déjeuner avec son successeur, Boniface VIII, qui le fit d'ailleurs placer sous surveillance puis enfermer...

    Benoït XVI et François

    Benoït XVI et François

    Benoït XVI et François

     


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  • Tour de la place

    Le 19 mars, le pape François a fait le tour de la place Saint Pierre au Vatican en jeep!

    Tour de la place

    Tour de la place


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  • François et Cristina

    Le 18 mars, le pape François a reçu la président argentine au Vatican.

    François et Cristina

    François et Cristina


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  • Audience aux représentants des médias

    Le 16 mars, le pape François a donné audience aux représentants des médias.

    Audience aux représentants des médias

     

    Chers amis,

    Au début de mon ministère sur le Siège de Pierre, je suis heureux de vous rencontrer, vous qui avez travaillé ici à Rome en cette période si intense, commencée par la surprenante annonce de mon vénéré Prédécesseur Benoît XVI, le 11 février dernier. Je salue cordialement chacun de vous.

    Ces derniers temps, le rôle des mass-media est allé toujours crescendo, si bien qu’il est devenu indispensable pour raconter au monde les événements de l’histoire contemporaine. Je vous adresse donc un remerciement spécial pour votre service compétent des jours derniers, – vous avez travaillé, hé ! vous avez travaillé ! – au cours desquels les yeux du monde catholique et pas seulement, se sont tournés vers la Ville Éternelle, en particulier vers ce territoire qui a pour « centre de gravité » la tombe de saint Pierre. Pendant ces semaines vous avez eu l’occasion de parler du Saint-Siège, de l’Église, de ses rites et traditions, de sa foi et en particulier du rôle du Pape et de son ministère.

    Un remerciement particulièrement chaleureux va à ceux qui ont su observer et présenter ces événements de l’histoire de l’Église en tenant compte de la perspective plus juste dans laquelle ils doivent être lus, celle de la foi. Les événements de l’histoire demandent presque toujours une lecture complexe, qui parfois peut aussi comprendre la dimension de la foi. Les événements ecclésiaux ne sont certainement pas plus compliqués que les événements politiques ou économiques ! Cependant ils ont une caractéristique fondamentale particulière : ils répondent à une logique qui n’est pas principalement celle des catégories, pour ainsi dire, mondaines, et justement pour cela il n’est pas facile de les interpréter et de les communiquer à un public vaste et varié. En effet l’Église, tout en étant certainement aussi une institution humaine, historique, avec tout ce que cela comporte, n’a pas une nature politique, mais essentiellement spirituelle : elle est le Peuple de Dieu, le saint Peuple de Dieu, qui marche vers la rencontre avec Jésus Christ. C’est seulement en se mettant dans cette perspective qu’on peut rendre pleinement raison de ce que l’Église catholique accomplit.

    Le Christ est le Pasteur de l’Église, mais sa présence dans l’histoire passe par la liberté des hommes : parmi eux l’un est choisi pour servir comme son Vicaire, Successeur de l’Apôtre Pierre, mais le Christ est le centre, non le Successeur de Pierre : le Christ. Le Christ est le centre. Le Christ est la référence fondamentale, le cœur de l’Église. Sans lui, Pierre et l’Église n’existeraient pas et n’auraient pas de raison d’être. Comme l’a répété plusieurs fois Benoît XVI, le Christ est présent et guide son Église. Dans tout ce qui est arrivé, le protagoniste est, en dernière analyse, l’Esprit-Saint. Il a inspiré la décision de Benoît XVI pour le bien de l’Église ; il a orienté les Cardinaux dans la prière et dans l’élection.

    Chers amis, il est important de tenir compte de cet horizon interprétatif, de cette herméneutique, pour mettre au point le cœur des événements de ces jours-ci.

    De là naît avant tout un remerciement renouvelé et sincère pour les fatigues de ces jours particulièrement prenants, mais aussi une invitation à chercher à connaître toujours plus la vraie nature de l’Église, et aussi son cheminement dans le monde, avec ses vertus et avec ses péchés, et connaître les motivations spirituelles qui la guident et qui sont les plus authentiques pour la comprendre. Soyez certains que l’Église, pour sa part, prête une grande attention à votre précieux travail ; vous avez la capacité de recueillir et d’exprimer les attentes et les exigences de notre temps, d’offrir les éléments pour une lecture de la réalité. Votre travail a besoin d’étude, de sensibilité, d’expérience, comme tant d’autres professions, mais il implique une attention particulière par rapport à la vérité, à la bonté et à la beauté ; et cela nous rend particulièrement proches, parce que l’Église existe pour communiquer justement ceci : la Vérité, la Bonté et la Beauté « en personne ». Il devrait apparaître clairement que nous sommes tous appelés non à nous communiquer nous-mêmes, mais à communiquer cette triade existentielle que forment vérité, bonté et beauté.

    Certains ne savaient pas pourquoi l’Évêque de Rome a voulu s’appeler François. Certains pensaient à François Xavier, à François de Sales, et aussi à François d’Assise. Je vais vous raconter l’histoire. À l’élection, j’avais à côté de moi l’Archevêque émérite de Sao Paulo et aussi le Préfet émérite de la Congrégation pour le Clergé, le Cardinal Claudio Hummes : un grand ami, un grand ami ! Quand la chose devenait un peu dangereuse, lui me réconfortait. Et quand les votes sont montés aux deux tiers, l’applaudissement habituel a eu lieu, parce que le Pape a été élu. Et lui m’a serré dans ses bras, il m’a embrassé et m’a dit : « N’oublie pas les pauvres ! » Et cette parole est entrée en moi : les pauvres, les pauvres. Ensuite, aussitôt, en relation aux pauvres j’ai pensé à François d’Assise. Ensuite j’ai pensé aux guerres, alors que le scrutin se poursuivait, jusqu’à la fin des votes. Et François est l’homme de la paix. Et ainsi est venu le nom, dans mon cœur : François d’Assise. C’est pour moi l’homme de la pauvreté, l’homme de la paix, l’homme qui aime et préserve la création ; en ce moment nous avons aussi avec la création une relation qui n’est pas très bonne, non ? C’est l’homme qui nous donne cet esprit de paix, l’homme pauvre… Ah, comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres ! Après, certains ont fait diverses plaisanteries : « Mais, tu devrais t’appeler Adrien, parce que Adrien VI a été le réformateur, il y a besoin de réformer… ». Et un autre m’a dit : « Non, non : ton nom devrait être Clément ». « Mais pourquoi ? ». « Clément XV : ainsi tu te venges de Clément XIV qui a supprimé la Compagnie de Jésus ! » Ce sont des plaisanteries… Je vous aime beaucoup, je vous remercie pour tout ce que vous avez fait. Et je pense à votre travail : je vous souhaite de travailler avec sérénité et avec fruit, et de connaître toujours mieux l’Évangile de Jésus Christ et la réalité de l’Église. Je vous confie à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Étoile de l’évangélisation. Et je vous souhaite ce qu’il y a de meilleur à vous et à vos familles, à chacune de vos familles. Et de grand cœur je vous adresse à tous ma Bénédiction. Merci.

    (Paroles en espagnol)

    Je vous avais dit que je vous aurais donné de grand cœur ma bénédiction. Étant donné que beaucoup d’entre vous n’appartiennent pas à l’Église catholique, d’autres ne sont pas croyants, j’adresse de tout cœur cette bénédiction, en silence, à chacun de vous, respectant la conscience de chacun, mais sachant que chacun de vous est enfant de Dieu. Que Dieu vous bénisse.


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  • DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS du 15 mars 2013

    le 15 mars, le pape François a donné une audience à tous les cardinaux.

    DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS du 15 mars 2013

    Frères Cardinaux,

    Ce temps dédié au Conclave a été riche de significations non seulement pour le Collège Cardinalice, mais aussi pour tous les fidèles. En ces jours, nous avons ressenti de façon quasi sensible l’affection et la solidarité de l’Eglise Universelle, comme également l’attention de tant de personnes qui, bien que ne partageant pas notre foi, regardent avec respect et admiration l’Eglise et le Saint-Siège. De tous les confins de la terre s’est élevée la prière fervente et unanime du Peuple chrétien pour le nouveau Pape et c’est avec grande émotion que j’ai vécu ma première rencontre avec la foule rassemblée place Saint-Pierre, rempli d’émotion. C’est avec cette image émouvante du peuple joyeux et en prière encore imprimée dans ma mémoire que je désire manifester ma sincère reconnaissance aux Evêques, aux prêtres, aux personnes consacrées, aux jeunes, aux familles et aux personnes âgées pour leur proximité spirituelle si touchante et chaleureuse.

    Je ressens le besoin d’exprimer ma plus vive et profonde gratitude à vous tous, vénérés et chers frères Cardinaux, pour votre collaboration empressée dans le gouvernement de l’Eglise durant la Vacance du Siège. J’adresse à chacun un salut cordial – à commencer par le Doyen du Collège Cardinalice, M. le Cardinal Angelo Sodano – que je remercie pour les sentiments dévoués et les souhaits fervents qu’il m’a exprimés en votre nom. Avec lui, je remercie M. le cardinal Tarcisio Bertone, Camerlingue de la Sainte Eglise Romaine, pour le rôle attentif qu’il a joué durant cette période délicate de transition, et aussi le très cher Cardinal Giovanni Battista Re, qui s’est occupé de nous au Conclave : merci beaucoup ! Ma pensée affectueuse rejoint les vénérés Cardinaux qui, en raison de l’âge ou de la maladie, ont manifesté leur participation et leur amour de l’Eglise à travers l’offrande de leurs souffrances et de la prière. Et je voudrais vous dire qu’avant-hier le Cardinal Mejia a eu un infarctus cardiaque : il est hospitalisé à Pie XI. Mais on pense que sa santé est stable, et il nous a envoyé ses salutations.

    Ma gratitude ne peut manquer de rejoindre aussi ceux qui – à titres divers – se sont consacrés à la préparation et au déroulement du Conclave en ménageant la sécurité et la tranquillité des Cardinaux durant ce moment si important pour la vie de l’Eglise.

    J’adresse une pensée pleine d’affection et de profonde gratitude à mon vénéré Prédécesseur Benoit XVI qui, durant son Pontificat, a enrichi et vivifié l’Eglise par son Magistère, sa bonté, son gouvernement et sa foi, son humilité et sa douceur. Ils resteront un patrimoine spirituel pour tous. Le ministère pétrinien, vécu dans un esprit de totale abnégation, a trouvé en lui un messager docte et humble dont le regard est resté toujours fixé sur le Christ, le Christ ressuscité, présent et vivant dans l’Eucharistie. Notre prière fervente, notre souvenir constant, notre reconnaissance affectueuse et pérenne l’accompagneront toujours. Nous ressentons combien Benoit XVI a allumé en nos cœurs une flamme qui continuera à briller parce qu’entretenue par sa prière qui soutiendra l’Eglise sur son chemin spirituel et missionnaire.

    Chers Frères Cardinaux, notre rencontre se veut comme le prolongement de l’intense communion ecclésiale que nous venons de vivre. Pénétrés par un profond sentiment de responsabilité et soutenus par un grand amour pour le Christ et son Eglise, nous avons prié ensemble, partageant nos sentiments, nos expériences et réflexions. Dans ce climat de grande cordialité se sont ainsi accrues la connaissance réciproque et l’ouverture mutuelle ; et cela est bon, parce que nous sommes frères. Quelqu’un me disait : les Cardinaux sont les prêtres du Saint-Père. Cette communauté, cette amitié, cette proximité nous feront du bien à tous. Et cette connaissance et cette ouverture mutuelle nous ont facilité la docilité à l’action de l’Esprit Saint. Lui, le Paraclet, est l’acteur premier de toute initiative et manifestation de la foi. C’est curieux : cela me fait penser. Le Paraclet fait toutes les différences dans les Églises, et il semble que ce soit un apôtre de Babel. Mais d’autre part, il est Celui qui fait l’unité de ces différences, non dans « l’égalité », mais dans l’harmonie. Je me rappelle ce Père de l’Église qui le définissait ainsi : « Ipse harmonia est ». Le Paraclet qui donne à chacun de nous des charismes différents, nous unit dans cette communauté d’Église, qui adore le Père, le Fils et Lui, l’Esprit-Saint.

    C’est vraiment en partant de l’authentique sentiment vécu de la collégialité qui unit le Collège Cardinalice que j’exprime ma volonté de servir l’Evangile avec un amour renouvelé, aidant l’Eglise à devenir toujours davantage en Christ et avec le Christ, la vigne féconde du Seigneur. Encouragés également par la célébration de l’Année de la Foi, tous ensemble, Pasteurs et fidèles, nous nous efforcerons de répondre fidèlement à la mission de toujours : porter le Christ Jésus à l’homme et conduire l’homme vers la rencontre avec Jésus-Christ qui est la Voie, la Vérité et la Vie, réellement présent dans l’Eglise et contemporain en chaque homme. Cette rencontre invite à devenir des hommes nouveaux dans le mystère de la Grâce, suscitant en l’esprit cette joie chrétienne qui constitue le centuple donné par le Christ à qui L’accueille en sa propre existence.

    Comme le Pape Benoît XVI nous l’a rappelé de nombreuses fois dans ses enseignements et, en dernier lieu, par son geste courageux et humble, c’est le Christ qui guide l’Église par son Esprit. L’Esprit Saint est l’âme de l’Église avec sa force vivifiante et unifiante : d’une multitude il fait un seul corps, le Corps mystique du Christ. Ne cédons jamais au pessimisme, à cette amertume que le diable nous offre chaque jour ; ne cédons pas au pessimisme et au découragement : nous avons la ferme certitude que l’Esprit Saint donne à l’Église, par son souffle puissant, le courage de persévérer et aussi de chercher de nouvelles méthodes d’évangélisation, pour porter l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Ac 1, 8). La vérité chrétienne est attirante et persuasive parce qu’elle répond au besoin profond de l’existence humaine, annonçant de manière convaincante que le Christ est l’unique Sauveur de tout l’homme et de tous les hommes. Cette annonce reste valable aujourd’hui comme elle le fut au début du christianisme, quant s’opéra la première grande expansion missionnaire de l’Évangile.

    Chers Frères, allez ! La moitié d’entre nous avons un âge avancé : la vieillesse est – j’aime le dire ainsi – le siège de la sagesse de la vie. Les vieillards ont la sagesse d’avoir cheminé dans la vie, comme le vieillard Siméon, la vieille Anne au Temple. Et justement cette sagesse leur a fait reconnaître Jésus. Donnons cette sagesse aux jeunes : comme le bon vin, qui avec les années devient meilleur, donnons aux jeunes la sagesse de la vie. Il me vient à l’esprit ce qu’un poète allemand disait de la vieillesse : « Es ist ruhig, das Alter, und fromm » : c’est le temps de la tranquillité et de la prière. Et aussi de donner aux jeunes cette sagesse. Vous allez retourner dans vos sièges respectifs pour continuer votre ministère, enrichis de l’expérience de ces jours, si chargés de foi et de communion ecclésiale. Cette expérience unique et incomparable nous a permis de saisir en profondeur toute la beauté de la réalité ecclésiale, qui est une réverbération de l’éclat du Christ Ressuscité : un jour nous regarderons ce très beau visage du Christ Ressuscité !

    Je confie mon ministère, et votre ministère, à la puissante intercession de Marie, notre Mère, Mère de l’Église. Que sous son regard maternel chacun de vous puisse marcher heureux et docile à la voix de son divin Fils, renforçant l’unité, persévérant d’un commun accord dans la prière et témoignant la foi authentique dans la présence continue du Seigneur. Avec ces sentiments – ils sont vrais ! – avec ces sentiments, je vous accorde de grand cœur la Bénédiction Apostolique, que j’étends à vos collaborateurs et aux personnes confiées à votre soin pastoral.

     


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  •  HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

    Dans ces trois lectures je vois qu’il y a quelque chose de commun : c’est le mouvement. Dans la première lecture le mouvement sur le chemin ; dans la deuxième lecture, le mouvement dans l’édification de l’Église ; dans la troisième, dans l’Évangile, le mouvement dans la confession. Marcher, édifier, confesser.

    Marcher. « Maison de Jacob, allons, marchons à la lumière du Seigneur » (Is 2, 5). C’est la première chose que Dieu a dite à Abraham : Marche en ma présence et sois irrépréhensible. Marcher : notre vie est une marche et quand nous nous arrêtons, cela ne va plus. Marcher toujours, en présence du Seigneur, à la lumière du Seigneur, cherchant à vivre avec cette irréprochabilité que Dieu demandait à Abraham, dans sa promesse.

    Édifier. Édifier l’Église. On parle de pierres : les pierres ont une consistance ; mais des pierres vivantes, des pierres ointes par l’Esprit Saint. Édifier l’Église, l’Épouse du Christ, sur cette pierre angulaire qui est le Seigneur lui-même. Voici un autre mouvement de notre vie : édifier.

    Troisièmement, confesser. Nous pouvons marcher comme nous voulons, nous pouvons édifier de nombreuses choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, cela ne va pas. Nous deviendrons une ONG humanitaire, mais non l’Église, Épouse du Seigneur. Quand on ne marche pas, on s’arrête. Quand on n’édifie pas sur les pierres qu’est ce qui arrive ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils font des châteaux de sable, tout s’écroule, c’est sans consistance. Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable ». Quand on ne confesse pas Jésus Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon.

    Marcher, édifier-construire, confesser. Mais la chose n’est pas si facile, parce que dans le fait de marcher, de construire, de confesser, bien des fois il y a des secousses, il y a des mouvements qui ne sont pas exactement des mouvements de la marche : ce sont des mouvements qui nous tirent en arrière.

    Cet Évangile poursuit avec une situation spéciale. Le même Pierre qui a confessé Jésus Christ lui dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Je te suis, mais ne parlons pas de Croix. Cela n’a rien à voir. Je te suis avec d’autres possibilités, sans la Croix ; Quand nous marchons sans la Croix, quand nous édifions sans la Croix et quand nous confessons un Christ sans Croix, nous ne sommes pas disciples du Seigneur : nous sommes mondains, nous sommes des Évêques, des Prêtres, des Cardinaux, des Papes, mais pas des disciples du Seigneur.

    Je voudrais que tous, après ces jours de grâce, nous ayons le courage, vraiment le courage, de marcher en présence du Seigneur, avec la Croix du Seigneur ; d’édifier l’Église sur le sang du Seigneur, qui est versé sur la Croix ; et de confesser l’unique gloire : le Christ crucifié. Et ainsi l’Église ira de l’avant.

    Je souhaite à nous tous que l’Esprit Saint, par la prière de la Vierge, notre Mère, nous accorde cette grâce : marcher, édifier, confesser Jésus Christ crucifié. Qu’il en soit ainsi !

     


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  • Première bénédiction urbi et orbi du pape François

    Paroles du pape François

    Frères et Soeurs, bonsoir!

    Vous savez que la tâche du Conclave était de donner un Evêque à Rome. Il semble bien que

    mes frères Cardinaux soient allés le chercher quasiment au bout du monde... Mais nous sommes là... Je vous remercie pour votre accueil. La communauté diocésaine de Rome a son Evêque : merci ! Et tout d’abord, je voudrais prier pour notre Evêque émérite, Benoit XVI. Prions tous ensemble pour lui afin que le Seigneur le bénisse et la Vierge le protège.

    [récitation du Notre Père, du Je Vous Salue Marie et du Gloire au Père]

    Et maintenant, initions ce chemin: l’Evêque et le peuple. Ce chemin de l’Eglise de Rome, qui est celle qui préside toutes les Eglises dans la charité. Un chemin de fraternité, d’amour, de confiance entre nous. Prions toujours pour nous : l’un pour l’autre. Prions pour le monde entier afin qu’advienne une grande fraternité. Je souhaite que ce chemin que nous commençons aujourd’hui et au long duquel je serai aidé par mon Cardinal Vicaire ici présent, soit fructueux pour l’évangélisation de cette Ville si belle !

    Et maintenant je voudrais donner la bénédiction, mais auparavant, auparavant –je vous demande une faveur : avant que l’Evêque bénisse le peuple, je vous demande de prier le Seigneur afin qu’Il me bénisse : la prière du peuple, demandant la Bénédiction pour son Evêque. Faisons cette prière en silence de vous tous sur moi.

    [...]

    Maintenant je vais donner, à vous et au monde entier, à tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, la Bénédiction. [Bénédiction]

    Frères et Sœurs, je vous laisse. Grand merci pour votre accueil. Priez pour moi et à bientôt ! Nous nous reverrons rapidement : demain je veux aller prier la Vierge pour qu’Elle protège Rome tout entière. Bonne nuit et bon repos !

    C'est mon troisème pape! J'ai toujours connu Jean-Paul II malade et souffrant, donc je ne sais pas si je l'aimai. J'adooooore Benoît XVI, un si grand intellectuel qui a écrit tant de livres. Et j'aime déjà François qui a l'air si simple et si proche des gens.

    Et vous? combien de papes avez-vous connus? quand pensez-vous?

     (voilà, ma nouvelle section est créée. Comme j'iame beaucoup Benoît XVI, ell est intitutée "Benoït XVI François". j'ai aussi modifié l'intitulé du site... regardez en haut à droite, en vert... et dites-moi ce que vous en pensez. Les memebres de toutes les religions sont toujours les bienvenus.

     


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  • Habemus Papam!! (suite)

    Le 13 mars, le nouveau pape François I a été élu.

    Né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires dans une famille modeste d’immigrés italiens venus du Piémont dont le père était employé de chemins de fer, Jorge Mario a grandi à l’école publique avant d’entamer des études de techniciens chimiste puis de se tourner vers la prêtrise, mûrissant sa vocation dans le laboratoire où il travaille. Le séminaire diocésain de Buenos Aires puis le noviciat jésuite où il entre en 1958.

    Un « homme discret et très efficace, fidèle à l’Église »

    Après son ordination en 1969, ses études le conduisent au Chili et en Espagne où il prononce sa profession perpétuelle en 1973, avant de revenir en Argentine comme maître des novices puis comme provincial. Des années difficiles, marquées par la dictature où la Compagnie est profondément divisée sur la question de la théologie de la libération et souffre d’une baisse des vocations. Six ans plus tard, soucieux de maintenir la non-politisation des jésuites, il laisse une province apaisée et de nouvelles vocations.

    Recteur du grand Collège, les facultés jésuites de théologie et de philosophie de Buenos Aires, et curé dans la capitale argentine à partir de 1980, il part en Allemagne en 1986, achever sa thèse de théologie à Fribourg, puis revient comme curé en Argentine : à Cordoba, à 700 km à l’ouest de la capitale, au pied de la sierra, puis à Mendoza, près de la frontière chilienne.

    En 1992, Jean-Paul II nomme ce « wojtylien pur jus », selon les mots de Sergio Rubin, chroniqueur religieux du grand quotidien argentin Clarin, évêque auxiliaire de Buenos Aires, puis coadjuteur en 1997. L’année suivante, il succède au cardinal Antonio Quarracino qui, quelques jours avant sa mort, évoquait « cette bonne nouvelle pour son diocèse », dressant le portrait d’un « homme discret et très efficace, fidèle à l’Église et très proche des prêtres et des catholiques ». Ascète et austère, le nouvel archevêque délaisse alors la pompeuse résidence des archevêques de la capitale argentine pour vivre seul dans un petit appartement près de la cathédrale et refuse voiture avec chauffeur pour préférer le bus et le métro.

    Malgré sa santé fragile – on lui a ôté une partie du poumon droit à 20 ans –, il mène une vie ascétique et se lève à 4 h 30 du matin pour une journée de travail assidu qu’il commence toujours par une longue lecture d’une presse à laquelle il n’a accordé qu’une seule interview. L’homme est en effet connu pour parler peu mais écouter beaucoup. « Il écoute deux fois plus qu’il ne parle et perçoit bien plus que ce qu’il écoute », confiait un proche à La Croix en 2005. Grand lecteur (notamment les romans russes, Dostoïevsky en tête, et son compatriote Borges), il est aussi un amateur d’opéra, et un fervent supporteur de San Lorenzo, l’un des grands clubs de la capitale argentine, fondé en en 1908 par un prêtre.

    De ses années de curé à Buenos Aires et dans la sierra, il a gardé un sens pastoral affirmé, ne répugnant pas à confesser régulièrement dans sa cathédrale et faisant tout pour rester proche de ses prêtres pour lesquels il a ouvert une ligne téléphonique directe. On le voit d’ailleurs souvent déjeuner d’un sandwich dans un restaurant avec un de ses curés et il n’a pas hésité, en 2009, à venir loger dans un bidonville chez un de ses prêtres menacé de mort par des narcotrafiquants.

    Créé cardinal en 2001 par Jean-Paul II, il conserve son éternel pardessus noir de préférence à l’habit pourpre et, pour Rome, se contente de faire retailler la soutane de son prédécesseur, le cardinal Quarracino. La même année, son humilité avait frappé lors du synode de 2001 sur le rôle de l’évêque, où il fut rapporteur adjoint remplaçant le cardinal Egan, archevêque de New York rappelé dans sa ville par les attentats du 11 septembre.

    Pourfendeur du néolibéralisme et de la mondialisation

    Ayant fait de la pauvreté un de ses combats – « une violation des droits de l’homme », affirmait-il en 2009 – ce pourfendeur du néolibéralisme et de la mondialisation est ainsi devenu une autorité morale incontestable en Argentine et au-delà. Au point où il apparaît aujourd’hui, dans un pays où l’opposition est quasi inexistante, la seule véritable force à s’opposer au couple Kirchner dont il ne cesse de dénoncer l’autoritarisme.

    Il leur semble suffisamment dangereux pour que la presse pro-Kirchner ressorte en 2005 une vieille affaire accusant le P. Bergoglio, provincial des jésuites d’Argentine pendant la dictature, d’avoir dénoncé deux de ses confrères qui furent enlevés et torturés dans la sinistre École mécanique de la marine. D’autres témoignages, au contraire, rappellent l’énergie qu’il a dépensée pour obtenir leur libération.

    Et tandis que, l’ancienne médiatrice argentine, Alicia de Oliveira, qu’il a sauvée des militaires, évoque sa grande richesse affective, la plupart des jésuites argentins gardent de lui l’image d’un homme qui a su apaiser une province divisée et qui sait gouverner en situation de crise. Autant de qualités dont aura besoin François Ier face à une Curie traumatisée par l’affaire des Vatileaks.

    Le nouveau pape a été élu au cinquième tour de scrutin. La fumée blanche est apparue place Saint-Pierre à 19h06.

    (Journal La Croix. pour en savoir plus, allez sur www.la-croix.fr)

    Habemus Papam!! (suite)

    Habemus Papam!! (suite)

    Habemus Papam!! (suite)

    Habemus Papam!! (suite)

    Avec Benoït XVI

     


    17 commentaires
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    Habemus Papam!

    Le nouveau pape vient de Buenos Aires, il s'agit du cardinal Jorge Bergoglio

    Sa Sainteté François Premier


    32 commentaires


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