• Prince Albert

    Le 22 janvier, un entretien avec le Prince Albert a été publié dans le journal français Nice Matin.

    Vous avez décidé de confier le projet d’extension en mer à Bouygues Travaux Publics. Pourquoi ce choix? 
    Deux grands groupes internationaux, Bouygues et Vinci, étaient en concurrence à la fin de la procédure. Les deux ont les capacités de mener à bien ce projet. Cela s’est joué, parmi d’autres critères, sur des engagements concernant l’implication des entreprises locales dans le projet d’extension en mer. Cet argument a été un élément déterminant dans le choix du groupement. 

    Quelles entreprises monégasques pourraient ainsi rejoindre le consortium? 
    Pour l’instant, je ne peux donner aucun détail mais je vous confirme que le groupe Bouygues a prévu d’impliquer largement les entreprises monégasques. 

    Le fait d’avoir choisi un grand groupe français pour réaliser l’extension en mer influe-t-il sur les relations entre la principauté de Monaco et la France? 
    On peut d’abord se réjouir que deux grands groupes français qui excellent dans le domaine des travaux publiques aient voulu concourir. Le choix de Bouygues ne peut qu’ajouter un plus à des relations déjà excellentes entre la Principauté et la France. Il s’est avéré que Bouygues a été le meilleur dans le dossier présenté et les engagements pris. 

    Le projet initial d’extension en mer a-t-il évolué? 
    Oui. Et de façon assez radicale. Il y a cinq ans, on parlait de 12 à 15 hectares. L’extension sera au maximum de 6 hectares. Peut-être moins. Ce projet répondra à des normes environnementales beaucoup plus strictes, à la fois dans la construction et la façon de gérer ce nouveau petit quartier. On pourra même parler d’éco-quartier. Ce projet devra également répondre à des besoins réels et futurs de la Principauté, tout en s’inscrivant dans une démarche de développement durable. La surface a aussi été réduite pour pouvoir respecter ce cahier des charges environnementales. Je ne voulais pas que l’extension puisse entraver le courant ligure qui passe dans cette zone, très proche du littoral. Une trop grosse avancée en mer aurait perturbé ce courant et l’équilibre des écosystèmes. Nous demanderons à Bouygues de dessiner son extension afin qu’elle épouse au mieux les contours du littoral. 

    Quels impacts économiques espérez-vous de cette extension en mer? 
    L’estimation, qui n’est pas encore très affinée, de la réalisation du seul terre-plein est de pratiquement un milliard d’euros. À cela s’ajoute le coût de construction des superstructures, environ 60000 m2 de planchers. En plus du chantier lui-même, les retombées en termes de TVA seront très importantes pour Monaco. Tout ceci profitera au secteur des travaux publics mais également à l’immobilier et aux autres services. C’est un projet qui occupera une place importante dans l’économie monégasque. Il n’y a aucune raison pour que ce projet ne connaisse pas un grand succès. 


    En juillet dernier, vous annonciez dans nos colonnes l’augmentation du capital de la SBM. Où en est le dossier? Quels investisseurs pourraient entrer dans le capital et à quelle hauteur? 
    Nous avançons. Des réunions se tiennent régulièrement avec la direction de la SBM et le gouvernement. Il faut du temps pour définir les conditions d’une augmentation de capital qui représente un acte important. Il est encore un peu tôt pour apporter des précisions. Avant l’été, la direction de la SBM devrait annoncer de manière officielle les contours de cette opération stratégique pour la société. 

    Vous aviez posé une condition, celle que l’État ne descendrait pas en deçà des 55-56 % des parts. Sommes-nous toujours sur les mêmes bases? 
    L’État conservera vraisemblablement une participation majoritaire qui sera de l’ordre de 60 %.   

    Pourquoi ce réajustement? 
    L’État entend s’associer au mieux ce changement en participant lui-même à cette augmentation.  Je souhaite qu’il démontre sa détermination à accompagner et à mener les réformes nécessaires dans tous les secteurs d’activités et à tous les niveaux dans l’intérêt sur le long terme de la société. Une partie de cette augmentation de capital sera proposée à des investisseurs privés dont les profils retenus devront représenter un réel atout pour la société. 


    La principauté de Monaco doit signer, dans les prochaines mois, la convention multilatérale sur la transparence fiscale de l’OCDE. Vous avez beaucoup milité dans ce sens? L’image financière de Monaco a-t-elle changé? 
    Cela fait un certain temps que je milite dans ce sens, comme vous dites. Cette convention sera signée au cours de ce semestre. Mais, et j’insiste bien sur ce « mais », depuis plusieurs années maintenant, nous ne figurons plus sur aucune liste noire ou grise de toutes les organisations internationales qui évaluent les différents pays ayant pris des mesures importantes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et la transparence fiscale. Je ne comprends donc pas pourquoi on revient sans cesse sur le soi-disant caractère non coopératif et non transparent de la Principauté. Avant cette convention, mon gouvernement avait déjà réalisé un gros travail en amont. Il est assez injuste d’entendre certains médias affirmer le contraire sans avoir pris le temps d’examiner la réalité de notre situation. 

    Cela vous agace… 
    Je dois dire que cette convention est l’aboutissement de plusieurs années de discussions. Beaucoup de pays n’avaient pas encore signé cette convention. Nous n’étions pas les seuls. Il est parfois plus facile de pointer du doigt les « petits pays »… Or, j’ai toujours dit que s’il y avait un mouvement général de volonté internationale de transparence fiscale, on s’y joindrait. C’est ce que nous faisons à travers la signature de cette convention. 

     

    http://www.monacomatin.mc/monaco/exclusif-le-prince-albert-ii-se-confie-a-monaco-matin.1592122.html

     


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