• La succession du sultan d’Oman, malade, est posée

    La succession du sultan d’Oman, malade, est posée

    Le sultan Qabous bin Saïd al Saïd, âgé de 74 ans, absent de son pays depuis plus de quatre mois, a confirmé qu’il était soigné en Allemagne. La succession dans ce pays qui jouit d’une stabilité rare dans cette région, suscite l’inquiétude.

    Le sultanat d’Oman fait rarement parler de lui. Tout au plus est-il devenu une destination recherchée pour les touristes européens. Son histoire est peu connue et pour beaucoup d’Omanais, elle commence véritablement en 1970 lorsque Qabous, le fils du sultan de Mascate et Oman, envoyé à l’académie royale militaire de Sandhurst en Grande-Bretagne, rentre au pays, et avec l’aide des Britanniques renverse son père par un coup d’État. Ce dernier part s’exiler à Londres.

    Qabous – 15e sultan d’une dynastie au pouvoir depuis 1749 –, a fort à faire pour moderniser un pays que son père a maintenu volontairement à l’écart de la modernité. Oman possède cependant des ressources pétrolières et gazières, certes moins importantes que celle de ses riches voisins, l’Arabie saoudite et les émirats du Golfe. Il assure aussi la surveillance sur le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial.

    un monarque éclairé

    Qabous commence par réunifier Oman et Muscat, sous le nom de sultanat d’Oman et lance de vastes chantiers pour l’éducation et le développement des ressources. Il hérite aussi du dossier brûlant de la province sécessionniste du Dhofar, au sud-ouest, en proie à une rébellion marxiste soutenue par le Yémen du Sud. Le conflit prend fin en 1976, grâce aux promesses de développement économiques faites par le sultan.

    Tout au long de son règne, ce monarque éclairé a su maintenir son pays hors des conflits qui ont secoué la région, de la guerre du Golfe à l’invasion américaine en Irak, préservant aussi son pays de la montée du fondamentalisme religieux. Les Omanais sont à 75 % de confession ibadite, une branche de l’islam assez tolérante, distincte du sunnisme et du chiisme.

    Toutefois, en 2011, il a dû calmer la contestation sociale, dans la ville portuaire de Sohar en limogeant des ministres accusés de corruption et en promettant des créations d’emplois. Sur le plan international, « sa stratégie a toujours été d’être ami avec à peu près tout le monde », résume Giorgio Cafiera, analyste dans le Golfe. Son rôle de médiateur a été déterminant pour la reprise des relations entre les États-Unis et l’Iran autour du dossier nucléaire.

    Le sultan n’a pas d’héritier direct

    Mais aujourd’hui, les Omanais s’inquiètent pour leur avenir. Le sultan, qui n’a jamais révélé son homosexualité, n’a pas d’héritiers directs. En octobre 2011, il a modifié par décret le mécanisme de succession, associant à la décision du choix de son successeur les présidents du Conseil d’État – une sorte de Sénat composé de 57 membres désignés –, du Majlis al Choura – une assemblée de 84 membres élue au suffrage universel direct – et de la Cour suprême.

    Selon la Constitution de 1996, il doit désigner son successeur, dans une lettre qui serait ouverte par le conseil de famille. Ce dernier devra obligatoirement être un membre mâle de la dynastie des Bou Saïd.


  • Commentaires

    1
    Lundi 10 Novembre 2014 à 18:57

    En espérant que son successeur soit aussi éclairé que lui.

    2
    Mardi 11 Novembre 2014 à 00:34

    Même souhait que vous Vertigo

    3
    Mardi 11 Novembre 2014 à 09:33

    Je plussoie !!!!!

    Quand j'ai lu l'article hier j'ai pensé à vous Charlotte, vous nous avez toujours parlé du sultan Qabous avec beaucoup de respect  et d'admiration pour cet homme et j'ai appris  à le connaître et à l'apprécier...

    4
    Mardi 11 Novembre 2014 à 13:16

    Très intéressant, merci. En effet, on peut se poser la même question.

    5
    Mardi 11 Novembre 2014 à 13:52

    J'espère que Qaboos va s'en sortir!!!

     

    Nous avons appris à l'aimer grâce à Charlotte

    6
    Mardi 11 Novembre 2014 à 14:10

    oh Charlotte,votre amoureux transi est malade;je suis partie à Mascate il y a 17 ans,c'est fabuleux

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